mercredi 17 décembre 2008

LA PAIX DU CHRIST

Sans doute estimerez-vous qu'il est un peu tôt pour vous souhaiter un Joyeux Noël.
C'est que votre BB doit s'absenter pour une quinzaine de jours, et qu'elle n'aura pas accès à son ordinateur durant sa villégiature. Aussi anticipe-t-elle, étant intimement convaincue que mieux vaut tôt que jamais.
Merry Christmas à tous ! Soyez heureux, ripaillez à foison, christallisez vos rêves, et mettez plein de petits jésus dans l'étable !



L'approche du Nouvel An sonnant le glas des anciennes bonnes résolutions (mais permettant d'en formuler de fraîches), je me suis décidée à plancher, dès janvier, sur un nouveau livre dont la rédaction risque de bouffer la majeure partie de mon temps.
En conséquence, il me sera difficile d'accoucher, à l'avenir, d'articles analytico-pédéantesques aussi élaborés que ceux que j'ai mis en ligne jusqu'à présent. Selon l'humeur et l'énergie du moment, je m'efforcerai d'en griffonner un tous les (deux ?) mois, histoire de ne pas enterrer ce blog si peu de temps après sa création.
J'en vois déjà qui pâlissent...
"Comment ? Attendre deux (trois ?) mois, avant de savourer la prose de BBJane ?... Autant résilier mon abonnement à l'internet !..."
Rassurez-vous !... Pour ne pas plomber votre année 2009, et vous éviter d'attendre trois (quatre ?) mois avant de jouir de ma plume, j'ai conçu à votre intention un autre blog, qui sera essentiellement composé de COURTS posts parfaitement débiles et superfétatoires -- et, en cela, dans la droite ligne de ce qui se blogue généralement sur la toile...
Du reste (et suite à une étude comparée du nombre de commentaires que vous avez eu la gentillesse de me laisser jusqu'à présent), j'ai constaté que vous étiez friands de posts COURTS et anodins... Voilà qui me dédouane fort opportunément, et m'autorise à lever le pied sans trop percevoir le dégonflement de la cheville...
Je vous fixe donc rendez-vous ici-même le 1er janvier 2009 -- d'une part pour vous souhaiter une bonne année, d'autre part pour vous filer le lien permettant d'accéder à mon nouveau blog.



En attendant, j'ai sélectionné pour vous trois petites vidéos Noëliennes, pleines de bonnes vibrations queers et fantastiques. (Vous connaissez mon aversion pour les écrans VouZentube ; aussi : cliquez sur l'image !)

La première :
Un matin de Noël absolutely Divine (extrait de Female trouble - 1973 - John WATERS)


Cliquez !

La deuxième :
La pire histoire de Noël jamais contée (extrait de Gremlins - 1984 - Joe DANTE)


Cliquez !

La troisième :
Un extrait de mon film de Noël favori (A Christmas story - 1984 - Bob CLARK), qui apprendra aux plus pervers d'entre vous comment immobiliser un petit garçon en évitant les morsures...


Cliquez !

Sur cette plaisanterie fort douteuse, je le reconnais, je vous souhaite à toutes et tous :
A Very Gay XXXmas !!!


jeudi 11 décembre 2008

L'AUTRE E(S)T MOI ?

Une question éminemment queer, fantastiquement posée par la Fugitive sur son blog.





Vous, je ne sais pas... mais moi, ça me cause...


dimanche 7 décembre 2008

R.I.P.

Un vilain hasard a voulu que je place la reproduction d'une couverture de Famous Monsters of Filmland en tête de mon précédent post, mis en ligne le 5 décembre.
La veille mourait Forrest J. ACKERMAN, créateur du célèbre magazine, à l'âge de 92 ans.
J'apprends la nouvelle ce matin sur l'excellent blog de Steve RING, auquel j'emprunte la photo qui suit.



Je sais que cette disparition touchera tout spécialement certains lecteurs de Fears for queers, qui ont eu la chance de connaître personnellement cet ardent défenseur du cinéma que nous aimons.
Ce week-end, il pleut sur l'Ackermanoir.
Goodbye Forry.


vendredi 5 décembre 2008

MADHOUSE (1974)

Ce post est amicalement dédié à Yrreiht ZETLUB, qui sait pourquoi.


Les films consacrés au monde du spectacle et à ses coulisses ont toujours eu la faveur du public gay. Les thèmes qu'ils développent, les figures qu'ils animent, les conflits qu'ils exposent, semblent exercer une attraction spontanée
sur la sensibilité homosexuelle, et participer de sa culture. Le ressort dominant de leurs intrigues est généralement l'opposition entre le prestige et l'éclat de la représentation, et la banalité et les meurtrissures d'un réel qu'elle s'efforce d'occulter. Le dilemme de l'être et du paraître est au coeur de ces oeuvres, comme au coeur de la sensibilté gay (n'est-il pas le premier auquel est confronté tout homosexuel ? "Je ne suis pas, au fond de moi, la femme ou l'homme que la société croit -- et souhaite que je sois.")
Dans ces films, la dichotomie s'exprime par une exacerbation des caractéristiques propres aux conditions antagonistes : celle de la Star, et celle de la personne privée -- l'être au quotidien. La Star est flamboyante, adulée, excessive dans chacun de ses agissements ; la personne privée est angoissée, instable, blessée, malheureuse en amour, peu sûre de ses amitiés. Et si la Star voit sa popularité décliner -- c'est presque toujours le cas dans ce type de films --, elle transportera dans la sphère privée la part de "sublime" devenue sans effet sur son public, et vivra sa misère, morale ou pécuniaire, avec autant de baroquisme et d'outrance qu'elle vécut sa gloire.
Ces données exercent une fascination profonde sur la communauté gay, en ceci qu'elles offrent toute latitude de s'exprimer à une démesure typiquement "camp", et fournissent un modèle comportemental qui sera largement repris, caricaturé, restructuré de manière inflationniste par les travestis et les drag-queens.
Les trois films les plus appréciés dans ce domaine restent Eve (All about Eve de Joseph L. MANKIEWICZ - 1950) (pour le monde du théâtre), Boulevard du crépuscule (Sunset Boulevard de Billy WILDER - 1950) (pour le monde du cinéma), et Une Etoile est née (A Star is born de George CUKOR - 1954) (pour l'univers de Broadway).
Dans le genre "fantastique", rares sont les oeuvres ayant abordé le sujet. La plus connue d'entre elles est sans doute La Cible (Targets de Peter BOGDANOVICH - 1968), qui confronte Boris KARLOFF, star de l'épouvante fatiguée (mais non déchue) aux violences trop réelles du monde moderne. Il faudrait également citer un titre négligé des fantasticophiles : The Horror Star (1982 - Norman Thaddeus VANE), où un "roi de l'horreur" revient d'entre les morts pour châtier les jeunes fans ayant profané sa tombe et dérobé son cadavre.
Le seul film fantastique rejoignant étroitement les préoccupations des trois premiers classiques que j'ai cité, est le Madhouse de Jim CLARK -- oeuvre, là encore, peu connue, froidement accueillie par la critique lors de sa sortie, et inédite en France (excepté sur les chaînes satellites où elle est parfois programmée.)
Film d'épouvante, film de spectacle, Madhouse est aussi un grand film queer, l'un des plus signifiants du cinéma fantastique des seventies.
Prêts pour une visite guidée ?... Alors, silence ! On tourne !...



FICHE TECHNIQUE :

Réal : Jim CLARK - Scén : Greg MORRISON, Ken LEVISON, d'après le roman "Devilday" de Angus HALL - Photo : Ray PARSLOW - Mus : Douglas GAMLEY.
Avec : Vincent PRICE, Peter CUSHING, Robert QUARRY, Adrienne CORRY, Michael PARKINSON, Linda HAYDEN.

RESUME :

La carrière de Paul Toombes (Vincent PRICE), star de l'épouvante, fut brisée après le meurtre brutal et jamais élucidé de sa fiancée, qui le plongea dans une sévère dépression nerveuse. Des années plus tard, le comédien est appelé en Angleterre pour reprendre son rôle fétiche (le monstrueux Docteur Death) dans une série télévisée. Il retrouve son ami Herbert Flay (Peter CUSHING), ancien acteur devenu scénariste, et créateur du Dr. Death. Dès le début du tournage, une nouvelle série de meurtres, portant la marque du personnage qu'il incarne, sont perpétrés dans l'entourage de Toombes. Aussitôt suspecté, il en vient à douter de sa santé mentale...

L'AVIS DE BBJANE :
Lors d'une interview télévisée, le comédien Paul Toombes déclare au sujet des films dans lesquels il a coutume d'apparaître, qu'ils "ne traitent pas du monde ordinaire qui nous entoure au quotidien. Ils parlent d'un monde profondément enfoui à l'intérieur de chacun de nous -- un monde de pulsions et d'instincts que l'on nous appris à supprimer. Des pulsions que nous n'osons pas reconnaître, dont nous ne sommes parfois même pas conscients. On les apprivoise et on les met en cage (...) Puis, un jour, entre le sommeil et l'éveil, elles nous murmurent qu'elles veulent sortir. Mais on ne les libère pas. Mes films ont du succès parce qu'ils les libèrent". Ces propos ne diffèrent guère de ceux que Vincent PRICE tint lui-même fréquemment aux journalistes qui l'interrogeaient sur sa carrière.
Si l'on considère la tonalité queer du film et la personnalité de son interprète principal, il est difficile de ne pas discerner dans ces "pulsions que l'on nous a appris à supprimer" une allusion au désir homosexuel, qui, dans le genre qui nous occupe et durant des décennies, fit l'objet d'un "déplacement" (au sens psychanalytique du terme : remplacement d'un objet tabou par un autre objet jugé plus acceptable), aboutissant à sa conversion en actes de violence et de meurtre.
En replaçant Madhouse dans la chronologie du genre, on constate qu'il occupe une position charnière, en ce sens qu'il clôt l'époque gothique dans le respect de son esthétique (vieille demeure obscure, paysages envahis de brouillard, costume du meurtrier évoquant aussi bien la silhouette de "l'homme au masque de cire" que celle des assassins du giallo), et annonce conjointement l'horreur viscérale des années à venir (la vague des psycho-killers et des slashers). Le Dr Death, que le comédien Paul Toombes doit reprendre à l'écran, est un peu le grand-père de Jason et de Michael Myers. Par une savoureuse ironie, son interprète est joué par l'un des plus éminents représentants du classicisme gothique : Vincent PRICE, qui n'a jamais cessé de s'élever contre les excès gores du nouveau cinéma fantastique.


Le classicisme gothique revisité par le giallo
La personnalité même de PRICE constitue un enjeu déterminant du caractère queer du film. Ses incarnations d'esthètes hypersensibles et raffinés dans les adaptations d'Edgar POE, le baroquisme camp de son jeu d'acteur, ses performances cultes dans trois des films fantastiques les plus queers jamais tournés (les deux Dr Phibes et Theâtre de sang), sa longue personnification d'Oscar WILDE dans la pièce de théâtre Diversions and delights, justifieraient déjà son statut d'icône gay -- sur lequel il ne s'est jamais prononcé, et qui, du reste, ne prit toutes ses proportions qu'après son décès.
Encore faut-il y ajouter nombre d'éléments de sa vie privée, laissant à penser qu'il fut, à tout le moins, bisexuel : ses nombreuses et fidèles amitiés dans le milieu gay hollywoodien ; son dernier mariage avec la comédienne Coral BROWNE, qui ne fit jamais mystère de sa bisexualité ; les liaisons masculines qui lui furent prêtées jusqu'à la fin de sa carrière -- la dernière, sur le tournage de From a whisper to a scream de Jeff BURR, faillit lui coûter son mariage. (Sur l'homosexualité supposée de PRICE, on lira la biographie que lui a consacrée sa fille Virginia, elle-même lesbienne déclarée, et la monographie Vincent Price, the Art of fear de Denis MEIKLE).
Il est difficile d'ignorer que les auteurs de Madhouse se réfèrent clairement à la mythologie cinématographique du comédien, et à sa personnalité gay-friendly.
Paul Toombes nous est implicitement présenté comme un homosexuel "placardisé", craignant de s'aliéner son public en assumant sa véritable nature. Longtemps célibataire, il se décide sur le tard à épouser une jeune starlette, qu'il répudie lorsqu'il apprend sa participation à des films pornographiques. Quelques heures après leur dispute, il découvrira le cadavre de la jeune fille, décapitée. Il sera suspecté de meurtre et verra sa carrière interrompue autant par ce scandale que par la dépression nerveuse qui en découlera. Il sombrera dans la schizophrénie et sera interné. Qu'il en soit l'auteur ou non, ce crime l'a brutalement confronté à sa dualité, et à son incapacité à vivre une relation hétérosexuelle.

Le Docteur Death (Vincent PRICE), monstre queer et pourfendeur de dames
Sorti de l'asile, Toombes se voit offrir l'opportunité de reprendre son rôle fétiche du Dr. Death dans une série télévisée britannique. C'est ici que le scénario adopte résolument son orientation queer, et que s'accumulent signes et notations marquant la volonté des auteurs d'accuser le caractère gay de leur mélodrame horrifique.
Lors du voyage en bateau de Toombes vers l'Angleterre, une jeune femme s'introduit dans sa cabine et s'offre à lui, ce qui suscite sa réaction indignée (notons qu'il porte pour l'occasion un superbe pyjama rose, auquel feront écho d'autres détails vestimentaires quelque peu "connotés", tels que la robe de chambre aux dessins précieux qu'il arborera dans la demeure de son ami Herbert Fay, et les foulards de soie négligemment noués dans le style "apache" qu'affectionne ce dernier.) Bien entendu, la demoiselle sera rapidement trucidée -- ce qui semble être le lot de toute femme formulant de trop claires avances au comédien.


Comment répondre aux propositions féminines importunes

Autres indices donnant au film sa coloration gay : le nom des studios où sont tournées les aventures du Dr. Death (Rainbow Television), et le gros plan d'un livre posé sur la table de chevet de Toombes : "Mon Complexe d'Oedipe" !... De même, impossible de ne pas noter l'insistance des auteurs de Madhouse à mettre Paul Toombes dans des situations généralement dévolues aux héroïnes en péril. Une longue scène de déambulation nocturne de PRICE, en robe de chambre et candélabre au poing, dans le cottage de son ami Herbert, évoque les interminables errances des jeunes premières dans une multitude de films antérieurs. Dans le même ordre d'idée, l'arrivée de la star sur le sol britannique, où elle est assaillie par les journalistes, rappelle les manifestations publiques de divas capricieuses, rabrouant avec irritation les fans et les reporters trop pressants -- le genre de scènes typiquement iconiques pour le public gay.


Mes chéris, j'ai dit : pas de photos !
PRICE ne pouvait ignorer ce qu'impliquaient de telles séquences, et à quel aventureux décryptage de son image l'entraînaient scénaristes et réalisateur. La petite histoire nous enseigne qu'il y réagit avec mauvaise grâce. Connu pour être un homme affable, généreux et plein d'humour, il laissa une impression nettement plus mitigée sur le plateau de Madhouse. Le tournage fut émaillé de dissensions entre la vedette, ses producteurs, et l'un de ses partenaires, Robert QUARRY (les deux hommes se détestaient depuis leur première association dans Le Retour de l'abominable Docteur Phibes de Robert FUEST - 1972)
Si l'entente fut bonne avec le metteur en scène Jim CLARK (on connaît une lettre de ce dernier, expédiée à sa vedette après le tournage, dans laquelle il lui envoie "tout son amour" et lui exprime combien il lui manque), le jeu de PRICE traduit néanmoins son inconfort. Sa prestation dans Madhouse est l'une des plus déconcertantes de sa carrière, oscillant entre une retenue inaccoutumée chez lui (et ressemblant fort à de la gêne), et des flambées de cabotinage mal assumé, qui tombent totalement à plat.
Si le film est aussi fascinant, c'est en grande partie pour sa valeur métonymique : les déboires de Paul Toombes, star prisonnière de son statut, homosexuel refoulé dont la nature menace de ressurgir suite à des événements échappant à son emprise, réfléchissent le malaise de Vincent PRICE, sa propre difficulté à assumer une image queer qui lui colle de plus en plus à la peau, et qui constitue son lien le plus tangible (hélas, selon lui) à une modernité qu'il refuse.


L'angoisse de la dualité
Encore plus révélatrices des options queers des auteurs : les relations entretenues par Toombes avec son ami, le scénariste Herbert Flay, et avec leur création commune : le Dr. Death.
Comme le remarque Harry M. BENSHOFF dans son ouvrage Monster in the closet, Homosexuality and the horror film, le Dr. Death est le fruit de la liaison amicalo-amoureuse de Flay et de Toombes -- leur enfant. "Herbert et moi l'avons conçu ensemble, déclare ce dernier. Non, nous ne l'avons pas créé -- il était là -- nous l'avons trouvé en nous. Nous avons sondé les profondeurs de nos âmes et il était là -- il était déjà là, et il le sera toujours."
C'est bel et bien un couple queer que forment Paul et Herbert, et ce n'est pas le fait que Flay soit marié qui contredit cette assertion. Il est en effet signalé que ce dernier s'avéra incapable de satisfaire sa femme sexuellement. C'est d'ailleurs cette négligence qui conduisit l'épouse à multiplier les aventures hasardeuses, lesquelles aboutirent à un viol qui la laissa folle. Elle erre depuis dans le sous-sol de leur cottage, coiffée d'une perruque rousse, entourée de ses seules amies -- une ribambelle d'araignées --, et écoutant à longueur de journée de vieux disques sur son phonographe (image parfaitement queer de la déchéance féminine).


Fascination de la déchéance (Adrienne CORRI)
(ATTENTION !!! GROS SPOILERS DE LA MORT DANS LES LIGNES QUI SUIVENT !!!)

La révélation finale que le véritable auteur des meurtres n'est autre qu'Herbert Flay -- jaloux d'être resté dans l'ombre de son ami, et espérant le rendre fou pour lui succéder à l'écran dans le rôle de leur "enfant" -- fait verser ce faux film fantastique dans le mélodrame d'amour gay.
Le Dr. Death constitue clairement, pour ses géniteurs, une expression sublimée de leurs pulsions homophiles ; il est l'incarnation suprême du monstre queer, déplaçant ses désirs dans la violence et dans le meurtre (de femmes, prioritairement). Toombes en est vaguement conscient, d'où son appréhension à rependre le rôle au début du film : "Je suis terrifié par ce qu'il a fait, et par ce qu'il risque de faire", confie-t-il à Flay. Mais ce dernier insiste pour que son ami ressuscite leur progéniture à l'écran -- et, par là même, ranime le feu de leur ancien amour. Contre la volonté de Toombes, il leur projette les vieux films du Dr. Death, et lorsque tous deux fixent leurs regards attendris sur l'écran, ils offrent bel et bien l'image de deux parents observant leur fils dans quelque film-souvenir, témoin des jours heureux.
Toombes ne tarde pas à recouvrer son arrogance lorsqu'il endosse le costume de Death -- seule expression de son homosexualité qu'il puisse afficher sans trop de risques --, et défend alors ardemment son personnage. Quand le producteur lui impose une starlette pour jouer sa comparse, il se récrie : "Le Docteur Death n'a jamais eu d'assistante !", et traite la comédienne avec la morgue vacharde d'une diva courroucée, lui lançant des répliques assassines -- et un cure-dents dans le décolleté. Il adopte le comportement d'une "grande dame" ayant ses humeurs -- et d'une folle offensée.


Paul Toombes et les femmes

Mais ce retour du naturel ne tarde pas à l'épouvanter. Il ne lui reste alors qu'une seule solution pour faire taire ses pulsions : tuer le Dr. Death.
Après avoir découvert le cadavre de son attachée de presse, qu'il croit avoir tuée dans un accès de schizophrénie, il met le feu au studio, détruisant ainsi l'univers de ce double trop révélateur.
Censé avoir péri dans les flammes, il ressurgit dans la demeure de Flay au moment où ce dernier, portant le costume de Death, regarde le film de l'incendie. La silhouette de Toombes, en chair et en os, se superpose à l'image projetée sur l'écran, dans un classique effet de surimpression visant à suggérer qu'il s'extraie de la toile. Les deux hommes engagent un combat à l'issue duquel Flay tombe dans le réservoir à araignées de son épouse, et est dévoré jusqu'à l'os par les charmantes bestioles.
L'ultime séquence du film consacre néanmoins l'union des deux amis par-delà la mort. C'est même d'une véritable osmose dont il faut parler, qui voit le couple queer et leur rejeton se fondre en une seule incarnation, en une fascinante et troublante symbiose trinitaire : afin de pouvoir continuer à jouer le rôle de Death, Toombes adopte l'apparence de Flay par le biais du maquillage. Il devient littéralement Flay, et porte un toast avec l'épouse de ce dernier en l'honneur de leur harmonie retrouvée.
Ce finale audacieux et inattendu devient encore plus troublant si l'on considère que, pour les dernières images du film, c'est Peter CUSHING, subtilement grimé, qui incarne PRICE censé incarner CUSHING ! Ainsi ces deux monstres sacrés confondent-ils leurs traits et leurs mythologies respectives, pour mieux pérenniser l'image fantasmatique la plus apte à combler leurs admirateurs : celle du Dr. Death.


Peter Vincent
(ou quand Peter CUSHING s'essaie au haussement de sourcil pricéen)

Faut-il s'étonner que Madhouse ait été mal accueilli par les cinéphiles ?
Annoncé comme le premier film réunissant réellement les deux plus grandes stars de l'horreur (dans le précédent, Lâchez les monstres !, PRICE et CUSHING n'avaient aucune scène commune), il tient un peu trop intelligemment sa promesse pour emporter l'adhésion d'un public assez peu enclin à s'interroger sur les fondements de sa dévotion au genre -- surtout lorsque ceux-ci remettent en cause la distinction d'autres genres, sexuels cette fois.
L'homophilie latente comme moteur de la fantasticophilie ? Voilà ce que beaucoup d'adeptes du cinéma d'épouvante répugnent à entendre. Tout comme ils goûtent assez peu que la rencontre de deux de leurs idoles aboutisse à la formation d'un couple gay.
Décidément, Madhouse est bien trop pertinent pour plaire...

LIEN :

La bande annonce du film, sur YouTube.


vendredi 28 novembre 2008

samedi 15 novembre 2008

R.I.P.

Les "grandes dames goules" ont toujours eu la cote auprès des cinéphiles gays, que ce soit en raison du parfum de lesbianisme fréquemment attaché à leurs rôles (Ingrid PITT, Martine BESWICK), ou pour leur aptitude à exprimer les excès, les flamboyances ou les déviances d'une forme paroxystique de la féminité, propre à enchanter les drag-queens et à leur servir de modèle (Bette DAVIS, Joan CRAWFORD). Voilà pourquoi, à "Fears for queers", on aime les divas de l'écran -- à plus forte raison lorsqu'elles s'illustrèrent dans notre "mauvais genre" favori.
C'est une triste nouvelle que m'a communiquée mon ami Jean-Claude MICHEL relativement à l'une d'entre elles, en m'apprenant le décès de l'immense SUZANNA (ou SUZZANNA, selon les génériques), star incontournable du cinéma fantastique indonésien, et figure iconique de la féminité dans tous ses états.


SUZANNA dans La Revanche de Samson (1987)

Critique érudit, inestimable historien du genre que nous aimons, et infatigable défricheur de cinématographies
autres (on lui doit la découverte de nombreux cinéastes et comédiens injustement ignorés en nos contrées), Jean-Claude m'a amicalement autorisée à reproduire ici le texte qu'il a consacré à cette Reine de l'épouvante surréaliste et sanglante, à la suite de son décès.
Je l'en remercie chaleureusement.

DECES DE SUZANNA
par Jean-Claude MICHEL


La belle SUZANNA, la grande-prêtresse du cinéma horrifique et d'aventures indonésien, la Barbara STEELE de Jakarta, nous a quittés le 16 octobre dernier. Celle qui fut la Reine de la Magie Noire, puis la Reine des Serpents, celle des Crocodiles, et aussi la terrifiante Sundel Bolong, est décédée à son domicile des suites d'un diabète, au retour d'un ultime séjour à l'hôpital Harapan de Magelang, Central Java, et deux jours après son soixante-sixième anniversaire. Une mort d'autant plus tragique qu'après une longue absence des écrans, elle venait de faire son come-back dans un nouveau film d'horreur, et avait de nombreux projets pour l'année 2009.



Je sais, c'est triste aussi d'annoncer un décès un mois après, mais si vous comptiez sur la presse française ou la télévision pour en rendre compte, vous pouviez attendre encore un bon moment... Alors que le moindre pet de travers du père HALLYDAY fait la une de France-Soir, vous ne pensez quand même pas qu'on va gâcher du papier à vous annoncer la mort d'une comédienne indonésienne, et puis quoi encore ?...



De son vrai nom Suzanna Martha Frederika van Osch, SUZANNA, née le 14 octobre 1942 à Bogor, West Java, avait connu la gloire dès ses débuts, en 1958, dans le film Asrama Dara, pour lequel elle remporta le Best Child Actress Award. Et elle connut un véritable triomphe dans ce qui fut le tout premier film d'horreur (et non pas simplement fantastique ou mythologique) indonésien, le superbe Accouchement dans la tombe, d'Awaludin et Ali SAHAB, en 1971. Ce fut le début d'une carrière presque totalement consacrée à l'épouvante, ou à l'illustration de légendes locales. Dès 1972, elle fut couronnée du titre "d'actrice la plus populaire" au Festival Asia-Pacific de Séoul.
SUZANNA avait épousé le comédien Cliff SANGRA, de vingt ans son cadet, qui avait été son partenaire dans... Le Mariage de Nyi Blorong, titre prémonitoire... La plupart du temps, ses films furent dirigés par Sisworo Gautama PUTRA, alias Sam GARDNER. Certains de ces titres furent distribués en France, en tout cas en vidéo, comme le mythique La Reine de la magie noire...



En 1991, elle s'éloigna des studios pour plus de dix ans, avant de faire un come-back dans un feuilleton télé fantastique, Selma and the snake ghost (2003). Puis, au début de cette année, ce fut son retour au cinéma, longtemps espéré par ses nombreux fans, avec Hantu Ambulans (The Ambulance ghost). Le plaisir de la revoir n'aura été, hélas, que de courte durée...

LIEN :

Un sympathique hommage photographique sur YouTube.



LISTE DE SES PRINCIPAUX FILMS :

Asrama Dara (Usmar Ismail, 1958)

Beranak Dalam Kubur (Accouchement dans la tombe) (Awaludin & Ali Sahab, 1971)

Pulau Cinta (Love Island) (Ali Shahab, 1978)

Ratu Ilmu Hitam (Queen of Black Magic) (Lilik Sudjio, 1979)

Sundel Bolong (Ghost With Hole) (Sisworo Gautama Putra, 1981)

Nyi Blorong Putri Nyi Loro Kidul (The Snake Queen) (SGP, 1982)

Sangkuriang (Barbarian) (SGP, 1982)

Nyi Ageng Ratu Pemikat (SGP, 1983)

Perkawinan Nyi Blorong (Le mariage de Nyi Blorong) (SGP, 1983)

Telagat Angker / Kegelapan Telagat Maut (SGP, 1984)

Bangunnya Nyi Roro Kidul (SGP, 1985)

Ratu Sakti Calon Arang / Ratu Sakti Keselamatan (SGP, 1985)

Malam Jumat Kliwon (SGP, 1986)

Petualangan Cinta Nyi Blorong (Love Adventures of Nyi Blorong) (SGP, 1986)

Samson dan Delilah (La revanche de Samson) (SGP, 1987)

Malam Satu Suro (SGP, 1988)

Ratu Buaya Putih (White Crocodile Queen) (Tjut Djalil, 1988)

Santet - Ilmu Pelebur Nyawa (SGP, 1988)

Wanita Harimau (SGP, 1989)

Pusaka Penyebar Maut (SGP, 1990)

Titisan Dewi Ular (Descendant of Snake Goddess) (SGP, 1990)

Ajian Ratu Laut Kidul (SGP, 1991)

Bernafas Dalam Lumpur (The Longest Dark) (Turino Djunaidy, 1991)

Perjanjian di Malam Keramat / Surat Perjanjian (SGP, 1991)



vendredi 14 novembre 2008

vendredi 7 novembre 2008

TOILES FANTASTIQUES

Comme toujours, Bernard ALAPETITE nous offre, sur son blog, une superbe occasion de dessiller nos regards alourdis par le poids du réel.
C'est à la Mairie du VIème arrondissement que le rendez-vous est librement fixé à chacun(e) de vous, jusqu'au 22 novembre 2008, pour découvrir l'univers de Jean-Claude FARJAS.
Voici deux toiles qui m'ont tapé dans l'œil (la première est un portrait de notre cher Anthony PERKINS, de qui il était question ici-même quelques jours plus tôt).
P
our en savoir plus sur l'artiste et son œuvre, allez donc faire un tour du côté de chez Bernard -- autrement dit : ici. Vous ne le regretterez pas !




Et pour faire bonne mesure, je vous oriente sur le blog d'un autre peintre, particulièrement cher à mon cœur, et qui officie dans une veine voisine, celle d'un "fantastique réel" si rebelle au pinceau, à l'objectif, à la plume...
Ci-dessous, mes deux spécimens favoris de sa production pléthorique.


La Naufrageuse

Le Vieux cerisier


jeudi 6 novembre 2008

THE NUTTY PROFESSOR (Docteur Jerry et Mister Love - 1963)

"Jerry pense rose." Robert BENAYOUN



Commençons par un lieu commun doublé d'un euphémisme : Jerry LEWIS est un cas à part dans l'histoire du cinéma hollywoodien.
A l'apogée de son succès, dans les années 60, ses films attiraient les foules américaines tout en étant méprisés par la critique. En France, le phénomène s'inversa : notre pays fut le premier à considérer LEWIS comme un auteur
, tandis que le public réservait à ses œuvres un accueil plutôt mitigé. Il fut l'un des comédiens les plus populaires et les mieux payés de son temps, et il est aujourd'hui l'un des cinéastes majeurs les plus négligés des cinéphiles, privé de la pratique de son art par des producteurs qui le boudent depuis bientôt trente ans.
Il a fait l'objet de l'un des plus beaux livres jamais consacrés à un cinéaste par un critique français -- Bonjour Monsieur Lewis, de Robert BENAYOUN --, et ses films furent abondamment disséqués dans les années 60-70. De nos jours, son œuvre n'est plus évoquée dans aucune revue, et les médias ne s'intéressent à lui qu'une fois par an, à l'occasion du Téléthon, dont il fut l'instigateur.
Dans les nombreuses études qui lui furent jadis dédiées, les commentateurs s'extasiaient sur ses innovations et prouesses techniques, sa maîtrise virtuose du gag visuel, son art consommé de coloriste, le caractère iconoclaste, voire subversif, de son comique résolument ancré à gauche, et empreint d'un humanisme pessimiste.
Si la plupart des exégètes en appelaient à Freud pour élucider les implications sexuelles de ses films et justifier sa critique soutenue du matriarcat, s'ils s'étendaient volontiers sur le caractère conflictuel mais fondateur du duo qu'il forma avec Dean MARTIN, s'ils tombaient en pâmoison devant ses options picturales bariolées et outrancières, aucun n'a jamais risqué plus qu'une timide allusion à ce qui relève pourtant de l'évidence : l'univers lewisien, visuellement, thématiquement, est l'un des plus totalement
queers jamais vus à l'écran.
L'esthétique "gay-kitsch-camp" y est souveraine, et le "personnage Jerry", développé par LEWIS de film en film, peut être considéré comme l'une des incarnations cinématographiques les plus accomplies d'un caractère queer en mal d'adaptation au monde straight.
J'aimerais en faire la démonstration à travers l'étude de son film le plus connu (et le plus apprécié en France), Docteur Jerry et Mister Love, oeuvre charnière dans sa filmographie, en ce sens qu'elle marque l'aboutissement de son parcours artistique, à l'orée d'une "seconde période" qui, bien que riche en réussites, n'apportera aucun renouvellement notable.

Jerry LEWIS, le plus gay des grands cinéastes hétéros ?...
Comment résister à la tentation d'attribuer ce titre à un homme qui, le mois dernier, attisait la colère d'une partie de la communauté homo (en l'occurrence bien bêcheuse et chochotte) pour avoir prononcé -- une fois de plus et de trop -- le mot "faggot" (pédé) lors d'une interview télévisée ?
Oui, décidément, Mister LEWIS est un cas à part...




FICHE TECHNIQUE :

Réal : Jerry LEWIS - Scén : Jerry LEWIS, Bill RICHMOND - Photo : Wallace KELLEY - Mus : Walter SCHARF.
Avec : Jerry LEWIS, Stella STEVENS, Del MOORE, Kathleen FREEMAN, Howard MORRIS, Elvia ALLMAN.

RESUME :

Un timide professeur de chimie, Julius Kelp (J. LEWIS), tente de conquérir le coeur d'une de ses élèves, Stella (Stella STEVENS), en inventant une potion magique qui le transforme en un irrésistible playboy, Buddy Love (J. LEWIS).

L'AVIS DE BBJANE :

Il existe une toute autre façon d'envisager l'intrigue ; une optique moins conventionnelle, mais nullement décalée, et relevant d'autant moins du délire interprétatif qu'elle explique et résout ce que l'approche habituelle soulève d'incohérences scénaristiques.
Voici le résumé alternatif qui peut en découler :
Le professeur Kelp, homosexuel honteux et refoulé, s'emploie à affirmer sa virilité en tentant d'amorcer une relation amoureuse avec l'une de ses élèves, et en suivant des séances de culturisme. Ses échecs successifs le font opter pour une autre méthode, artificielle et chimique : il invente une potion lui permettant de devenir le mâle idéal, l'hétéro parfait, séducteur machiste et baraqué : Buddy Love. Mais il ne peut annihiler sa véritable nature, laquelle réapparaît aux moments les moins opportuns, et l'empêche de concrétiser physiquement la liaison entamée avec son étudiante. Au fil du temps, son autre personnalité, Buddy Love, révèle de plus en plus nettement ses propres inclinations sexuelles -- identiques à celles de Kelp. Ce dernier finit par renoncer à l'usage de sa potion -- mais non à la dissimulation de ses penchants, puisqu'il épousera son élève afin de donner le change à sa famille et à son entourage professionnel.
Moralité : si l'on n'échappe pas à ce qu'on est, mieux vaut n'en rien laisser paraître !


Les saines lectures du Dr Jerry


On a beaucoup glosé sur le fait que LEWIS (à l'instar de Terence FISHER, deux ans plus tôt, avec The Two faces of Dr Jekyll) inversait les données du roman de Robert-Louis STEVENSON dont il s'inspirait, à savoir : Jekyll/beau contre Hyde/laid. En vérité, cette inversion va au-delà de l'aspect physique des personnages. Elle est ici totale : la créature hideuse et le monstre social (car queer), c'est Jekyll/le professeur Kelp ; l'être séduisant et conforme aux attentes de la société, c'est Hyde/Buddy Love.
Le générique du film nous montre le professeur effectuant une expérience en classe. Seules ses mains sont cadrées, tandis qu'elles s'activent autour de diverses cornues et autres objets de chimie phalloïdes, jusqu'à ce que se produise une explosion ayant valeur d'orgasme.
Tentative symbolique de destruction de l'ordre établi, comme l'écrivirent les critiques ? Sans doute, mais également séance d'onanisme exhibitionniste, suscitant la fuite des témoins (les étudiants) d'abord médusés, puis indignés.


Fais gaffe, Jerry !... Ça rend sourd !...

De manière significative, c'est dans un placard que Kelp se retrouvera coincé par l'un de ses élèves, qui veut ainsi se venger du fait que le professeur lui ait interdit de se rendre à un entraînement de foot. Car Kelp n'éprouve aucun intérêt pour le sport (carence souvent suspecte aux yeux de la jeunesse américaine), et manifeste même un certain mépris à l'égard de cette discipline.
Pour ne rien arranger, il n'est pas davantage intéressé par les femmes -- on se demande, à ce propos, où les commentateurs du film sont allés pêcher l'idée qu'il crée avant tout sa fameuse mixture pour séduire son élève Stella, si l'on considère l'absence totale d'érotisation de leurs rapports.
Dans l'ensemble des films de LEWIS, le potentiel érotique des personnages féminins est généralement fort congru (nous sommes loin, sur ce point, des notations graveleuses d'un Mel BROOKS, et du cinéma comique américain en général). Même dans Le Tombeur de ces dames (The Ladies' man - 1961), où le pôle majeur de l'intrigue est la séduction féminine, celle-ci n'est appréhendée que comme un objet d'effroi ; elle se manifeste à travers un glamour sacralisé et quelque peu figé, n'ayant rien de charnel -- mais typique, en revanche, de l'imagerie gay.


Jerry in the closet

Si ce n'est de séduire, quelle est l'utilité de la potion ?
Tout simplement de changer son image, de faire naître une personnalité acceptable par ses concitoyens, ne laissant plus rien subsister de la nature profonde de Kelp. La finalité de l'expérience n'est pas d'ordre sentimental, mais social : il s'agit, pour le professeur, de perdre sa voix haut perchée, ses manières efféminées (voir l'extraordinaire scène du bal de l'université, où Kelp se laisse gagner par le rythme de la musique, et entame une sorte de danse immobile où s'exprime la folle cachée en lui), de devenir, non pas ce qu'il rêve d'être, mais ce que les autres souhaiteraient qu'il soit. Un symbole de ce besoin d'en faire accroire qui taraude le professeur, peut être vu dans sa montre-gousset, laquelle, une fois ouverte, laisse échapper les accords tonitruants de la "Marche des Marines" -- il la laissera accidentellement choir dans un aquarium, noyant ainsi son effort d'affirmation de ce qu'il n'est pas.
Contrairement à ce qui se passe chez STEVENSON, Jekyll/Kelp ne libère pas son "Ça" en devenant Hyde/Love, mais son Surmoi.


Ceci n'est pas un câlin
(Le professeur Kelp au gymnase)

La scène de transformation -- moment de bravoure dans toute adaptation du roman de STEVENSON -- offre une vision grotesque du processus de virilisation. Avant de devenir un mâle accompli, Kelp passe par un stade quasi neanderthalien, devient une sorte d'homme des cavernes couvert de poils, comme si l'accès à la forme idéale de la masculinité impliquait une régression, un retour à la bestialité. Il est intéressant de noter qu'au stade ultime de sa transformation, le professeur se recroqueville sur le sol de son laboratoire dans une mare de produits chimiques aux couleurs de... l'arc-en-ciel.
Malheureusement pour Kelp, si Buddy Love s'avère être l'incarnation parfaite du tombeur hétéro, infatué de son charisme et plein de morgue, il n'en présente pas moins certains traits ambigus. Et si son pouvoir de séduction opère assez largement sur le sexe opposé (non sans certaines réserves que nous verrons plus loin), il ne manifeste aucune envie spontanée d'en user, et semble tirer tout autant de satisfaction -- sinon davantage -- du prestige qu'il exerce sur les hommes.


Over the rainbow

Grisé par sa propre apparence, Buddy Love goûte avec délection aux plaisirs narcissiques, s'attirant bientôt cette remarque de celle qu'il est censé courtiser : "Tu auras une longue histoire d'amour avec toi-même."
Lors de son entrée, filmée en caméra subjective, dans la boîte de nuit "The Purple Pit" (aux couleurs moins pourpres que roses), sa vue arrache un hurlement à l'une des demoiselles qu'il croise. Le visage de Buddy nous est montré pour la première fois suite à ce cri d'effroi, plutôt que d'extase, qui semble faire office d'avertissement : derrière l'image du bellâtre se cache quelque chose de terrifiant, qui ne saurait échapper aux yeux de certaines femmes.
Love se dirige directement vers Stella, l'élève que le professeur Kelp s'est désignée comme compagne possible. Mais la jeune fille sage et un brin timorée de l'Université, apparaît sensiblement plus féminine et libérée dans le cadre de la boîte de nuit, ce que Love semble apprécier modérément (il refusera de l'embrasser parce qu'elle porte du rouge à lèvres). Il manifeste une attention plus décomplexée aux jeunes hommes présents dans la boîte, que ce soit pour s'affronter à eux (il rosse l'un des élèves de Kelp), ou pour les taquiner gentiment ("Je vous laisserai jouer avec mon porte-clef" dit-il à un groupe de garçons pour les inciter à lui céder leur banquette).


Les caïds du "Purple Pink"... euh, pardon : "Pit"... A croquer !...

Quand Love se manifestera au campus où enseigne Kelp, ce sera pour jouer une singulière autant qu'hilarante comédie de la séduction avec le doyen de l'établissement, poussant ce dernier à dévoiler sa face cachée : celle d'une vieille tante émoustillée par la présence de ce bel homme entre ses murs. Ces scènes de parade amoureuse entre un homme mûr, détenteur de l'autorité ou de la force, et un élément perturbateur plus jeune, sont fréquentes dans le cinéma lewisien. La séquence dans le bureau du doyen en offre une expression définitive : elle s'achève par le déculottage du noble vieillard, après que Buddy lui a tourné la tête en le féminisant verbalement (il ne s'adresse à lui qu'en termes féminins : "Ma grande" ou "Fais pas ta modeste"), et en le comparant à Cary GRANT (grande figure de l'homosexualité hollywoodienne, s'il en fut).


Pas folle, la guêpe ?
(Del MOORE en plein émoi)

Mais c'est surtout dans ses rapports avec Stella que se révèle la nature profonde de Buddy Love. Ce séducteur impénitent est incapable de dépasser le stade du flirt, n'embrasse la jeune fille qu'à la sauvette et avec une gêne marquée, et, lorsqu'il est sur le point de passer aux choses sérieuses, doit y renoncer pour cause de transformation inopinée en professeur Kelp ! Sentant sa personnalité initiale prendre le dessus, il s'enfuit à toutes jambes du lieu où doit se dérouler l'étreinte tant attendue -- par Stella...
Quand celle-ci se plaindra à Kelp du comportement décidément étrange de Buddy, le professeur lui répondra que Love "cache sa vraie nature pour éviter qu'on lui fasse du mal."
Quelle "vraie nature" ?... "Quel "mal" ?... S'il faut trouver une explication à cette réplique sibylline, je ne la vois que dans une réaction de dissimulation protectrice contre les attaques homophobes.
Stella aura cette repartie amère et révélatrice : "Je me sens comme une mariée le soir de ses noces, dont le mari va dîner chez sa mère !"
C'est précisément le souvenir de cette mère que Kelp invoquera lorsqu'il s'interrogera sur les véritables raisons de sa double personnalité, et sur les effets contrastés de sa potion. Et la vision que nous aurons d'elle sera conforme en tout point à l'image classique de la mère lewisienne : une épouvantable matrone régnant par la terreur sur son entourage, et particulièrement sur son chétif époux -- mère forte, père craintif : on connaît la chanson...


Notre Mère qui êtes odieuse...
(Elvia ALLMAN)

Selon la tradition, le film s'achève par la révélation de la véritable identité de Hyde/Love devant des tiers -- ici, tout un parterre, puisque l'événement se déroule lors du bal annuel du campus, où Buddy Love est convié à chanter. Plus que jamais, cette scène classique des diverses adaptations de Jekyll et Hyde prend valeur de "coming-out".
Alors qu'il doit entamer une nouvelle chanson ("Qui plaît beaucoup aux copains du 'Purple Pit'", précise-t-il, avant de prier le doyen transi de lui pardonner d'avoir nommé ce lieu de débauche), notre crooner se retrouve inopinément affligé de la voix de fausset de Kelp, puis recouvre l'apparence disgracieuse du professeur.
Pour s'excuser d'avoir trompé son entourage, il déclare renoncer à se transformer désormais en Buddy Love : "Je ne veux pas être ce que je ne suis pas. Il faut s'accepter tel qu'on est."
Une résolution d'autant plus facile à prendre que l'identité de Buddy trahit finalement plus nettement ce qu'EST le professeur...
En ce sens, les propos de Kelp, loin de constituer une apologie de la transparence et de la réconciliation avec soi-même, prennent un goût terriblement saumâtre. Ils n'annoncent pas une volonté de s'assumer en tant que gay, mais l'inverse. En demeurant Kelp, le professeur s'expose moins, tout compte fait, à exprimer/trahir sa nature authentique, qu'en continuant d'être le trop fantasque, voyant et tapageur Buddy Love.
Il peut même envisager de convoler avec Stella, qui se révèle être le type parfait de la "fille à pédés" -- lorsque Kelp lui déclare : "Je ne serai jamais le mâle que vous voulez", elle lui assure que c'est aussi bien comme ça !
Le film s'achève sur un plan de Stella et Kelp s'éloignant de la caméra, bras dessus bras dessous. Dans les poches arrières du pantalon de la jeune fille, on remarque plusieurs flacons de la potion magique, qu'elle emporte à l'insu de son compagnon...
Au cas où la fade cuisine du couple hétéro aurait besoin d'être relevée par un filet de piment queer ?...


La danse de Saint Gay

LIENS :

La fameuse danse de Saint Gay, justement !... Si vous déniez du génie à ce type, je me refais hétéro !...
C'est ici, et sur VouzenTube...
in Gorgeous Gay Colors !...

Son remix queer, par Biggie... Pas indispensable, vu que ça souligne l'évidence, mais sympa quand même...


mardi 4 novembre 2008

SORORITY GIRLS FROM HELL

Votre pauvre BB a bien de la peine à rédiger un post un peu consistant, en ce moment (mais elle s'y active...)
Afin de combler les trous -- plutôt que de trouer les combles --, je vous propose une vidéo VouzenTube, qui connut un franc succès dans les bars et clubs gays
, au cours des années 90.
Il s'agit d'un très court métrage tourné au début des années 80, et diffusé, à l'époque, en interlude entre deux films sur la chaîne HBO.
La morale profonde de l'histoire est : ne posez jamais de question banale à une nana (du genre : "Dans quel collège es-tu allée ?") La logorrhée qu'elle risque d'engendrer peut s'avérer catastrophique.
Cliquez sur l'image ci-dessous pour en (sa)voir plus, si vous avez trois minutes et quarante-huit secondes devant vous...


Cliquez !

Absolutely fabulous, isn't it ?...


lundi 3 novembre 2008

LE CHANT DU CELIBATAIRE

Alors qu'il faisait un sort à Janet LEIGH, de la manière que vous savez, en un lieu que vous n'ignorez pas, et dans un film que vous connaissez bien, Anthony PERKINS montait sur la scène du Alvin Theatre, à Broadway, pour vocaliser sa souffrance de ne pouvoir trouver femme, dans Greenwillow (1959 ou 1960, selon les sources), la comédie musicale de Frank LOESSER.


Cliquez !

En cliquant sur la photo de notre cher Tony, vous aurez un aperçu de sa prestation (effrayante -- et craquante ! -- de cabotinage), grâce à une vidéo YouTube retransmise par Xavier, sur son indispensable blog Broadway, baby. (J'ai choisi une autre vidéo que celle de Xavier, laquelle présente un décalage synchro un peu gênant...)
Etant éperdument éprise de PERKINS depuis mon plus jeune âge (c'est aussi le cas de mon amoureux -- ce qui, en quelque sorte, "solidarise" nos occupations solitaires...), je ne pouvais manquer de vous orienter sur cette merveille...
Après avoir visionné ce grand moment d'émotion, ruez-vous sur Broadway Baby, et sur sa petite soeur : Folk Furieuse... Sans parler de Yagg, qui vient tout juste de naître... Soyez présent(e)s à son accouchement !... et plus vite que ça !...


samedi 1 novembre 2008

QUI PREND LE RELAIS ?...

Miss WENDELL a eu l'excellente idée de renchérir sur ma sélection de films "halloweenesques" d'hier. Allez vite découvrir ses propres suggestions, pas plus loin qu'ici !


Le titre le plus queer de la liste de Miss WENDELL

A qui le tour ?...


vendredi 31 octobre 2008

7 FILMS POUR UN HALLOWEEN QUEER



Sept films de trouille pour la fête des citrouilles, sept joyaux méconnus du cinéma fantastique
queer pour teinter de rose les nuits pourpres de votre Hallo-week...
Comment ? Vous ne les possédez pas dans votre DVDthèque ?... Dans ce cas, vous avez une année pour vous les procurer et vous préparer un Halloween 2009 d'enfer !...

N.B. : Pour visionner la bande-annonce ou un extrait de chaque film, cliquez sur son affiche.

1. LEMORA, A CHILD TALE OF THE SUPERNATURAL (Lemora - 1973)

Réal : Richard BLACKBURN - Avec : Lesley GILB, Cheryl "Rainbeaux" SMITH, Richard BLACKBURN.


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Sans conteste l'un des plus beaux contes d'épouvante jamais imprimés sur pellicule, et peut-être le meilleur film fantastique lesbien.
La jeune Lila LEE, fille d'un gangster notoire, a été recueillie par un pasteur et chante des cantiques dans son église. Elle reçoit un jour l'invitation d'une inconnue qui prétend héberger son père, gravement blessé. Tout porte à croire que ce dernier est tombé sous la coupe de Lemora, une mystérieuse femme-vampire régnant, au coeur d'une forêt hantée, sur une population de créatures hybrides et d'enfants égarés. Lila succombera-t-elle à son tour à l'envoûtement de cette Châtelaine de la Nuit ?...
Une atmosphère envoûtante, évoquant aussi bien La Nuit du Chasseur que Le Cauchemar d'Insmouth. Le réalisateur, Richard BLACKURN, est le co-signataire du scénario d'un autre monument d'horreur queer : le comico-macabre Eating Raoul de Paul BARTEL.
Quand LOVECRAFT rencontre Charles LAUGHTON... Un film-culte (un vrai!) à redécouvrir d'urgence...
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2. THE OFFSPRING, aka FROM A WHISPER TO A SCREAM (Nuits sanglantes - 1987)

Réal : Jeff BURR - Avec : Vincent PRICE, Clu GULAGER, Cameron MITCHELL, Susan TYRELL


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L'une des rares réussites du film d'horreur à sketches des années 80, supérieur aux plus acclamés Creepshow et Cat's eyes. Première oeuvre du cinéaste Jeff BURR, alors âgé de 23 ans.
Quatre segments composent le métrage : le premier confronte un tueur nécrophile et vaguement incestueux au fruit de sa copulation avec le cadavre de sa victime ; dans le deuxième, un braqueur blessé par ses comparses trouve refuge, au coeur des bayous, chez un ermite black adepte du vaudou ; le troisième sketch s'intéresse aux déboires d'un mangeur de verre, dans une fête foraine régentée par une inflexible charmeuse de serpents, versée dans la magie noire ; le quatrième volet, situé durant les derniers jours de la Guerre de Sécession, expose le calvaire vécu par un quarteron de soldats nordistes, tombés entre les mains d'une communauté de gamins estropiés et vengeurs. Le lien entre les différents épisodes est assuré par Vincent PRICE, dans le rôle d'un bibliothécaire qui narre ces sombres récits à une journaliste venue l'interviewer au sujet de l'exécution de sa nièce.
La mise en scène de Jeff BURR illustre avec sobriété des intrigues efficaces, d'un pessimisme absolu et émaillées de notations sordides (Cameron MITCHELL étranglant une petite fille borgne en lui roulant un palot énergique ; Clu GULAGER, en pleurs, entonnant pour le cadavre de sa victime une chanson d'amour mongoloïde qu'il a composée à son intention...)
Distribution somptueuse, émaillée d'acteurs-cultes. GULAGER est grandiose en vieux garçon emprunté et cafard, qui pète les plombs après que l'objet de sa flamme lui ait refusé ses faveurs. Cameron MITCHELL, en officier nordiste sadique et débraillé, livré aux exactions d'une bande marmots sanguinaires, trouve le meilleur rôle de sa pénible fin de carrière, et fignole une composition de toute beauté.
Vincent PRICE renia le film en raison de ses scènes gores, certes éprouvantes mais nullement gratuites. La musique du deuxième segment est l'une des plus atmosphériques du cinéma d'horreur des eighties.
Les éléments queers ?... L'ensemble du casting (les iconiques Vincent PRICE et Susan TYRELL en tête). Les thèmes abordés : fétichisme, nécrophilie, gérontophilie, inceste, notion de paternité monstrueuse. Autre élément qui, bien qu'extérieur au film, ajoute à son caractère queer : le fait que Vincent PRICE, selon certaines sources, connut au cours du tournage une liaison homosexuelle qui faillit ruiner son mariage avec Coral BROWNE (cf. Dennis MEIKLE, in Vincent Price, The Art of fear ; Virginia PRICE, in Vincent Price : A Daughter biography).
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Photo de tournage inédite de From a whisper to a scream, avec Vincent PRICE

3. MOTEL HELL (Nuits de cauchemar - 1980)

Réal : Kevin CONNOR - Avec : Rory CALHOUN, Nancy PARSONS, Nina AXELROD


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"Farmer Vincent" et sa sœur se sont spécialisés dans le commerce artisanal de succulentes grillades. Leur matière première ?... La chair de touristes égarés, qu'ils kidnappent et font faisander dans le fertile terreau de leur jardin secret.
Dans le rôle du "Farmer" : Rory CALHOUN, acteur gay, et l'un des plus célèbres poulains de l'écurie d'Henry WILLSON, agent hollywoodien spécialisé dans le recrutement de jeunes comédiens peu farouches du fignard (Rock HUDSON, Guy MADISON, Tab HUNTER, etc..., sont passés par son bureau avant de faire carrière).
Gore, hilarant, campy, et plutôt dérangeant -- même 28 ans après --, MOTEL HELL est un classique incontournable de l'horreur queer.
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4. MADHOUSE (1974)

Réal : Jim CLARK - Avec : Vincent PRICE, Peter CUSHING, Robert QUARRY, Adrienne CORI


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Vincent PRICE rencontre Peter CUSHING dans le "Boulevard du Crépuscule" du cinéma fantastique. Une ancienne star de l'épouvante est conviée à reprendre l'un de ses rôles fétiches à la télévision. Mais une série de crimes perturbe bientôt le tournage. Les soupçons se portent rapidement sur le comédien, d'autant que le coupable officie dans le costume du personnage qu'il incarne.
L'une des plus transparentes allégories queers du fantastique des années 70. Je ne m'y attarde pas, car un post détaillé suivra... (Vous pouvez le lire ici.)
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5. THE ATTIC (Les 13 marches de l'angoisse - 1980)

Réal : George EDWARDS - Avec : Carrie SNODGRESS, Ray MILLAND


Jaquette française de The Attic -- inutile de cliquer, j'ai pas trouvé d'extrait !

Bibliothécaire, Louise vit avec son père, vieillard acariâtre et paralytique, cloué dans un fauteuil roulant depuis un accident dont elle est la cause. Elle s'est mariée bien des années plus tôt, mais son époux a disparu le jour même de leurs noces. Depuis, elle attend son retour, dans l'espoir qu'il la tirera des griffes de son tyran de père.
Attention : chef-d'œuvre ! Ce drame intimiste et dépouillé, flirtant avec le fantastique sans jamais s'y abandonner complètement, est une vibrante dénonciation de l'oppression parentale et de l'aliénation qu'elle engendre, ainsi qu'un film féministe d'une remarquable justesse de ton. Carrie SNODGRESS est égale à elle-même, c'est à dire simplement géniale, dans le rôle d'une jeune fille "prolongée" par la force des choses, sombrant lentement dans la névrose. Plusieurs traits de son personnage pourraient presque nous faire parler de film lesbien -- réalisé par un mec, une fois de plus (voir Lemora un peu plus haut).
Eh, les filles !... Donnez-moi des exemples de films homos masculins réalisés par des meufs, et j'achève d'embrasser votre cause !...
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6. ALONE IN THE DARK (Dément - 1980)

Réal : Jack SHOLDER - Avec : Jack PALANCE, Martin LANDAU, Donald PLEASENCE, Dwight SCHULTZ


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Déjà coupable du très homophile La Revanche de Freddy (1985), Jack SHOLDER nous offrait, quelques années plus tôt, le premier slasher proto-gay des eighties, avec ce Alone in the dark dans lequel un quatuor de détraqués mentaux échappés de l'asile kiffent grave leur ancien psy, et jouent au chat et à la souris avec son infortuné successeur. Matez la scène prégénérique, avec son bar rose baptisé "Chez maman", et dites m'en des nouvelles !
PALANCE et PLEASENCE cabotinent avec bonheur, mais c'est LANDAU qui emporte la palme avec une prestation hallucinée et ébouriffante !
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7. WHAT'S THE MATTER WITH HELEN ? (1971)

Réal : Curtis HARRINGTON - Avec : Shelley WINTERS, Debbie REYNOLDS, Agnes MOOREHEAD, Michael MacLIAMMOIR


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Deux tueurs s'aimaient d'amour tendre -- et furent exécutés de concert. Leurs mamans respectives, qui s'aiment presque autant, s'associent pour surmonter leur peine et ouvrent une école de danse à l'usage d'apprenties Shirley TEMPLE. Seulement voilà, l'une des deux pète les plombs quand l'autre s'amourache d'un papa d'élève...
Shelley WINTERS et Debbie REYNOLDS sont les mères en question ; cette grande folle de Michael MacLIAMMOIR est un inquié...tante professeur de diction ; le gay Curtis HARRINGTON, l'un des inspirateurs du "New Queer Cinema", officie derrière la caméra...
Tout pédé normalement constitué SE DOIT de voir What's the matter with Helen ?, amoureusement confectionné par des homos et des lesbiennes à l'usage de leurs semblables.
In-dis-pen-sa-ble !
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Pour finir, et pour faire la nique à Miss Lena Bla(blabla) et à son projet de loi à la mord-moi-l'dard, je vous propose de convier Vincent PRICE à votre soirée d'Halloween, en downloadant gayment cet album (cliquez sur la pochette) dans lequel Notre Maître à Tous nous narre quelques suaves histoires de fantômes (album enregistré en 1973). Bonne écoute !
Et joyeux Halloween !